Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

Jean-Jacques Rousseau

Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) – Sources

Jeunesse etformation de Jean-Jacques Rousseau

La pensée de Jean-Jacques Rousseau occupe une place à part, parmi les philosophes de Lumières.

Jean-Jacques Rousseau est un philosophe, essayiste, écrivain (de livres) et compositeur (de musique) français du XVIIIe siècle.

Il né à Genève, dans une famille modeste (=qui n’a pas beaucoup d’argent). Sa mère est morte à sa naissance et son père -horloger et passionné de littérature, doit fuir en exil, alors que Jean-Jacques n’a que dis ans.

Il vit une jeunesse instable, faisant de nombreux métiers et changeant souvent de maison et de protecteurs. Il apprend en particulier la musique et écrit des opéras. C’est par la musique qu’il rencontre les autres grands philosophes du XVIIIe siècle. En 1743, Diderot l’invite à collaborer aux chapitres relatifs à la musique de son Encyclopédie.

« L’homme naît bon. C’est la société qui le corrompt. »

Corrompre = Altérer, abimer ce qui est considéré comme juste, sain, correct

L’essentiel de la pensée de Rousseau consiste à remettre en cause la société. Il pense que c’est la société qui rend l’homme mauvais :

« La nature a fait l’homme heureux et bon, mais […] la société le déprave (=corrompt, détériore) et le rend misérable. »

Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778), Dialogues : Rousseau juge de Jean-Jacques (1772-1776)

En 1755, il écrit le Discours sur l’Origine et les Fondements de l’Inégalité parmi les Hommes. 

Pour Rousseau, les inégalités de proviennent avant tout de l’établissement des sociétés humaines.

Discours sur l’Origine et les Fondements de l’Inegalite parmi les Hommes - Jean-Jacques Rousseau
Page de garde de l’édition (Amsterdam, Marc Michel Rey, 1755) du « Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes » de Jean-Jacques Rousseau. – Sources

Jean-Jacques Rousseau et le mythe du « bon sauvage »

Dans cet essai, le philosophe cherche donc à définir ce que serait l’homme, sans la culture, la civilisation et la société qui le modifient profondément. 

“Quelles expériences seroient nécessaires pour parvenir à connoître l’homme naturel ; et quels sont les moyens de faire ces expériences au sein de la société ?”


Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes » de Jean-Jacques Rousseau.

On peut appeler ça « État de Nature ». De là, Rousseau fait naitre « Le mythe du bon sauvage », un homme libre qui vit une existence idéale, loin des influences négatives de toute société.

Un sauvage, c’est un mot qu’on a utilisé, au XVIIIe siècle, pour qualifier des groupes humains qui se sont développés à l’écart des sociétés évoluées et dont le mode de vie est resté primitif. Ce mot, utilisé au XVIIIe siècle, n’est plus employé dans ce sens aujourd’hui. (Il serait blessant de l’employer avec cette signification aujourd’hui.)

Pour Rousseau donc, l’homme, naturellement, est libre et en bonne santé. Il ne cherche de mal à personne, car c’est la propriété privée et la société qui créent des relations de compétition, d’envie et de jalousie.

Le mal causé par la société et ses possibles remèdes (=traitement, médicament)

A l’inverse, en entrant en société, l’homme perd toute notion d’égalité, car dès qu’il existe une société, il y a des dominants et des domines, des riches et des pauvres… Plus encore, l’homme naturel y perd également sa liberté, car il doit agir en rendant compte des autres hommes.

De libre et indépendant qu’était auparavant l’homme, le voilà par une multitude de nouveaux besoins assujetti, pour ainsi dire, à toute la nature, et surtout à ses semblables dont il devient l’esclave en un sens, même en devenant leur maître ; riche, il a besoin de leurs services ; pauvre, il a besoin de leur secours, et la médiocrité ne le met point en état de se passer d’eux. Il faut donc qu’il cherche sans cesse à les intéresser à son sort, et à leur faire trouver en effet ou en apparence leur profit à travailler pour le sien : ce qui le rend fourbe et artificieux avec les uns, impérieux et dur avec les autres, et le met dans la nécessité d’abuser tous ceux dont il a besoin, quand il ne peut s’en faire craindre, et qu’il ne trouve pas son intérêt à les servir utilement.

Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes » de Jean-Jacques Rousseau.

A ces problématiques de perte de liberté au sein des sociétés humaines, Rousseau formule une réponse politique dans “Le Contrat Social” (1762). Pour lui, il est acceptable que les hommes perdent une partie de la liberté qu’ils avaient dans l’état de nature, s’ils peuvent faire ce choix en conscience, en obéissant à des lois qu’ils ont eux-mêmes décidées et en restant libres et égaux en droit.

Rousseau, l’auteur littéraire

Au-delà de ses essais philosophiques, Rousseau est célèbre pour une grande variété de ses écrits :

  • Julie ou la Nouvelle Héloïse (1761), roman épistolaire préromantique, qui raconte de façon très touchante une belle et longue histoire d’Amour entre Julie et son précepteur. Ce Roman connu un très grand succès public, et fut réédité (réimprimé) plus de soixante-dix fois (!) entre 1761 et 1800.
  • Les Confessions (1782 puis 1789), premier roman autobiographique de la littérature française. Les Confessions ne seront rendues publiques qu’après la mort de son auteur.

“Je forme une entreprise qui n’eut jamais d’exemple, et dont l’exécution n’aura point d’imitateur. Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de la nature ; et cet homme, ce sera moi.”

Les Confessions – Jean-Jacques Rousseau
  • Les Rêveries du Promeneur Solitaire (1778), ouvrage mi autobiographie, mi philosophique, mi poétique, ou Rousseau définit une nouvelle vision du bonheur, fondé la vie paisible et la relation avec la nature.

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